vendredi 15 janvier 2010

Dialogue sur un dialogue avec la vie

Tantôt sur Facebook je racontais à mon pote Jerry où en étaient mes intrigues sentimentales et mes décisions par rapport à un avenir proche. Ça a abouti à une jolie réflexion.

Jerry

Tu devrais demander à la vie si tu es dans le bon chemin avec tes changements... Tu vas savoir assez vite ce que tu dois faire et/ou ne pas faire.

Clipitar
En fait, la vie m'offre des opportunités et quand je les saisis j'ai toujours eu un cadeau plus ou moins en lien avec le choix que j'ai fait. Ces temps ci je vis plus, je fais plus de choix et j'ai plus d'opportunités. Un dialogue avec la vie se passe essentiellement entre le phénomène et l'action selon moi. C'est très subjectif. Toi comment tu t'y prendrais pour "demander à la vie"?

Jerry
À voie haute. Je demande, simplement, comme je te parle. Je parle à la vie et je sais très rapidement si ce que je fais est ce que je dois faire. Sans langage à $1000, ni définitions indéfinies, ni têtage [...] C'est pas une question précise.
Tu peux pas demander: "Est-ce que j'ai une histoire à voir avec *******? Est ce que ******* va revenir?" C'est plutôt: "Est-ce que je suis dans la bonne voie? Qu'est-ce que je dois comprendre de cette situation? Montre-moi les ressources... "Est-ce que je comprends correctement ce qui m'arrive?"
tralala

Clipitar
Déjà ça présuppose tout un état d'esprit. Je pense comprendre le principe. Tant mieux si ça fonctionne pour toi. Quand j'ai l'impression que la vie m'envoie un message c'est toujours très symbolique. Des signes, des intuitions, de l'inspiration artistique, des rêves... Je sais que c'est un message de vie quand c'est très clair dans ma tête mais difficile à traduire en mot.

Jerry
Personne parle de le traduire. Personne dit que tu dois le dire non plus. Un signe, tu es le seul à le comprendre, et c'est ainsi que ça doit être. Il faut que tu sois certain de bien comprendre le sens du signe et du message... c'est tout ce qui importe. C'est clair que ça présuppose tout un état d'esprit... mais si tu vois les signes, nécessairement, tu comprends ce qui vient avec. C'est de l'expérience, simplement, lol.

Clipitar
Bon ben on parle de la même chose, je "demande à la vie" et la vie me répond vite et bien, pour reprendre tes termes. J'me sens chanceux de pouvoir faire ça, parce que le savoir révélé manque cruellement de crédibilité en 2010 en Amérique du nord et je trouve ca déplorable.

Jerry
Clip... C'est pas tout le mondre qui peut le faire. C'est à nous de le montrer! Si les gens ne comprennent pas, c'est pas notre problème... faut le faire comme on croit qu'on doit le faire, simplement.

mercredi 13 janvier 2010

J'ai des membres!

... comme des bras, des jambes, plein de membres!

Comme je traverse une petite phase de questionnement existentiel je me suis dit qu'il était temps de publier un autre article.

J'étais tout content de voir que des gens s'étaient inscrit à mon blog, même si y'en a juste deux à date. Avant je parlais dans un grand vide sidéral, maintenant j'ai deux petites étoiles qui me sentent scintiller d'une tache distraite (vu que ça a pas d'yeux les étoiles, mais ça a des taches).

Quiconque a déjà été (fainéant) à l'école s'identifiera à ce qui suit : le stress d'un travail de session très incomplet le jour où il doit être remis. Bien que j'aie quitté l'école il y de cela au moins 6 ans ce feeling me revient des fois, de façon cyclique il me semble, surtout en hiver, mais moins fort; comme un écho. Manque de soleil? Peut-être...

Veut, veut pas ça me mène à penser au travail et à ma vie amoureuse étrange. Je sens que j'ai des choses importantes à décider et à faire, mais contrairement au contexte scolaire, j'ai plus ou moins de date limite et un barème d'évaluation qui ne dépend que de moi. D'où mon questionnement existentiel : où c'est je m'en vais de même? La job que j'ai est loin d'être une carrière à mes yeux, mais est particulièrement confortable. En amour j'en suis arrivé à une attitude systématiquement dérisoire devant mon attachement. Le sexe est devenu un peu comme de la sorcellerie. J'ai mes sorts, j'envoûte qui me plaît et est compatible. Par contre si je tombe sous le charme je le sais et je regarde la chose avec un intérêt désabusé. "Tiens, me dis-je, encore une délicieuse illusion." On est tellement loin du premier amour...

Je suis dû pour un bon gros rêve pour alimenter mes réflexions. Quand je l'aurai je le partagerai avec vous chers lecteurs. D'ici là je pense beaucoup à ce rêve qui m'avait décidé à quitter l'université. J'aimerais bien vous le montrer et surtout le relire, comme si ça pouvait me donner un indice. À me sentir dériver sur l'existence, je suis soumis au courant de mes choix, mais je peux toujours capter des vents-symboles et changer de cap.

dimanche 10 janvier 2010

BANQ!

Non mais est-tu pas belle notre Grande Bibliothèque avec sa zone dangereuse sous les lames de verres qui partaient au vent peu après son inauguration? Chaque fois j'm'y rend c'est comme une quête à là Lord of the Ring où je suis un malin hobbit qui a catché que l'entrée par le tunnel était plus "safe". Mais c'était sans compter sur Arachnée... Ici l'analogie ne tient plus, mais c'est bon de se faire une aventure de quelque chose de banal, comme aller chercher de nouvelles lectures fantastiques. Ainsi cette nuit j'ai envie de commencer une petite revue littéraire de mes lectures récentes.

Commençons par un coup de coeur : La Roue du Temps, écrit par Robert Jordan.

J'ai du commencer à lire ça y'a un mois. J'en suis au 4e tome, 1ère partie qui s'intitule La montée des orages. Parlant de montée, j'ai failli en avoir une quand je cherchais la suite en anglais parce que je la trouvais pas en français. Hey non seulement les titres sont traduit à peu près de l'original à la traduction, mais le fait que chaque tôme soit en deux parties et que chaque partie aie son sous-titre, que les traducteurs décident d'intervertir par ci par là, a fait de ma recherche un joli puzzle, digne des plus difficiles de La Vérité dans Assassins Creed II. Cela dit, l'histoire de monsieur Jordan est délicieuse dès son commencement. Une histoire répartie sur plusieurs personnages principaux, gravitant autour d'un antihéros, le dragon réincarné. Rand al'Thor est un paysan qui aide son père veuf à la ferme. Lors d'une visite au village en prévision d'une fête le lendemain une horde de créatures immondes attaquent la petite communauté. C'est le début des aventures de Rand et ses amis, qui vont parcourir plus de pays qu'ils ne pouvaient l'imaginer et accomplir leur destin grandiose, tissés comme des fils essentiels dans le grand Dessin par la roue du temps.

L'histoire a quelques inspirations asiatiques, comme une paire de symbole qui rappelle beaucoup le yin et le yang. Il y a aussi cette épée recourbée à un tranchant et toute les techniques imagées qui permettent sa maîtrise. Faire de la magie dans cet univers s'appelle canaliser. Le dévoilement du système magique est presque une intrigue en soi tellement il est intéressant de comprendre comment le pouvoir unique s'utilise.

Les personnages ont tous une évolution très distincte et au fil des séparations et des réunions qu'ils vivent leurs liens gagnent en profondeur et en complexité.

D'après ce que j'ai lu jusqu'à maintenant je me fais une très bonne opinion des talents créatif de Robert Jordan. On sent une recherche d'équilibre entre l'humour, le suspense, la romance, le drame et l'action. Malgré le fait que je lise une traduction, j'ai l'impression que c'est très bien écrit. Le vocabulaire est riche dans les descriptions et des situations apparemment banales, comme une journée à la forge, participent au caractère immersif de l'ouvrage.

Maintenant soyons sévère. Ça m'a pas fait rire comme Harry Potter ou The Hitch Hiker's Guide to the Galaxy. Ça m'a pas fait sangloter comme l'Assassin Royal. Ça m'a pas fait réfléchir comme du Frank Herbert ou du Bernard Werber. Par contre je crois que mes rêves sont influencés parce que je me réveille souvent en nage avec en tête des images se rapportant à des batailles fantastiques ou une fuite angoissée dans la nuit. Les femmes sont à quelques occasions mises dans des situations stéréotypes et je sais pas trop si c'est de l'humour. Tsé quand on a l'impression que le film imaginaire passe du calibre épique au télé roman plus ou moins cheap. Heureusement ça arrive rarement. Pas comme dans l'Épée de Vérité ou t'as l'impression qu'y'ont pris Virginie, qui lui ont pluggé un super pouvoir et assorti un bon jack destiné à un règne sanglant malgré son désir de tranquillité, à qui ils donnent plusieurs super pouvoirs. Un moment donné y doivent tu être tannés de se souffler des répliques en plus ces personnages là? Sans parler de la pléthore de "il la retint par le bras". C'est presque aussi pire que Anne Robillard avec ses vagues d'apaisement dans Les Chevaliers d'Émeraude! Maudites vagues d'appaisement, j'ai pas pu passer le 5e tome de ses livres à cause de ça, j't'ais trop appaisé I guess.

Bon j'en ai assez écrit, je retourne lire.

jeudi 7 janvier 2010

Retour sur le topo bareback

Et ben voilà, j'ai regardé le topo. C'était pas si pire que ça.

Commençons par l'aspect complètement subjectif et égocentrique de mon retour. J'avais l'air un peu pogné sur ma chaise je trouve. Ma voix sortait ben. Je l'aime ben ma voix. Le gars avec qui j'ai eu du super bon sexe s'est reconnu, hehehe.

Ils ont omis de parler de la P.P.E. (Prophylaxie Post Exposition) et c'aurait été très pertinent dans le débat que ça suscite, mais le sujet s'est soulevé de lui-même dans les réactions. Parlons-en de ces réactions.

On accuse le reportage d'avoir pris un angle sensationnaliste et de vouloir effrayer les gens. Je ne suis pas d'accord. Les témoignages sont balancés. Oui y'a du monde freak, pis sont dangereux quand y pognent la maladie. C'est une minorité, mais une minorité qui s'est organisée et qu'il ne faut pas ignorer. Une fois qu'on a dit ça, le reportage est loin de se concentrer là-dessus. On parle longuement de situations très humaines et auxquels plusieurs hétéros se sont identifiés si je me fie aux messages que j'ai reçu sur Internet. J'ai particulièrement apprécié le commentaire suivant : "...la plupart des gens qui regardent cette émission sont prêts à voir ça. En plus, moi je pense que minimalement, le phénomène existe aussi chez les hétéros. Les sentiments qui pousse à ça sont humains et n'importe qui peu de près ou de loin s'y reconnaître, à part les aveuglés."

Ce qui m'a le plus fait hésiter à passer l'entrevue c'est le problème de l'intervention face au barebacking. Faut savoir que certaines études nous expliquent que le phénomène sous-culture bareback s'est développé en étroite relation avec la stigmatisation des séropositifs. D'un côté on veut pas parler d'un sujet qui pourrait encourager un comportement par sa condamnation par le public. D'un autre côté si un débat n'éclate pas on tombe dans le déni. On dit que le débat a déjà eu lieu, mais peut-être qu'une nouvelle génération devrait le tenir à nouveau. Peut-être que les termes de ce débat ont changé depuis la dernière fois. Peut-être à Montréal ne sommes-nous pas encore passé à l'ère "post-bareback" si ce n'est que parmis la gang d'experts sur la question qui préfère en débattre entre eux. Faire comme si ça n'existait pas pour le public n'aide pas les seronégatifs qui vont faire un tour au sauna pour la première fois. Ce qui m'a décidé est complètement absurde : des rêves, des intuitions, un sentiment de redevance très fort par rapport à l'univers. Pourtant je sens que j'ai fait le bon choix. Le débat doit avoir lieu. C'est un bon troll.

Un autre truc qui m'a fait hésiter c'est l'image des gays qui allait en découler. J'avais peur d'encourager un stéréotype négatif. Ce qu'ils ont pris de mon témoignage n'a pas été trituré et le message que je voulais passer était clair : faut parler avec son partenaire et c'est pas criminel de baiser sans condom. Ça arrive et faut apprendre à gérer ça. Y'a du monde qui ont l'instinct de vouloir toujours se protéger, mais ça fait pas d'eux des bons et de ceux qui se protègent pas des méchants. Le reportage n'abonde pas dans ce sens, même s'il parle des gens qui souhaitent indirectement la propagation du virus.

Y'a un forum où on recommande d'aller se faire barebacker à Montréal dans un certain sauna pour attraper le VIH. De ce même sauna j'ai entendu un commentaire cynique : "Tsé quand tu vas là pis que t'es négatif, tout le monde l'est aussi, mais quand t'es rendu poz, c'est drôle, tout le monde l'est aussi..." Ouais c'est des oui-dire, on a aucune preuve, mais crime, j'ai pas envie d'étouffer ça, au contraire! Surtout après avoir eu les peurs que j'ai eues et que j'aurais pu m'éviter juste en ayant une discussion avec mon partenaire sur son statut serologique.

Sur ce, comme c'est écrit sur la couverture du Hitch Hiker's Guide to the Galaxy : "don't panic". Faut pas capoter avec ça, faut juste en parler.

mercredi 6 janvier 2010

Barebacking on TV

Ben ouais crime! Moi, qui parle de bareback à TV...

Hier soir était diffusée l'émission Les Francs Tireurs à Téléquébec. Le topo portait sur les relations non protégées chez les gays du milieu montréalais. C'est avec mon entrevue qu'ils ont décidé d'ouvrir et de fermer l'épisode ça l'air. Je dis "ça l'air" parce que j'ai pas osé regarder l'émission encore. Tsé ça fait déjà quelques mois que tout cela a été tourné et j'ai toujours eu tendance à m'humilier en jugements quand je regarde un enregistrement où je figure. Je pensais attendre encore quelques jours, quelques mois, quelques années avant de jeter un oeil là dessus...

10h15 Mike (c'est moi ça) dort. Soudain le téléphone sonne. C'est mon ami Alex, qui me dit qu'il était "su'l cul" quand il est tombé par hasard sur moi en ouverture d'émission. Le sujet avait attiré son attention vu qu'il a un ami gay, moi en l'occurrence. J'ai pas l'air de me rabaisser selon ses dires, c'est encourageant. Bon peut-être que je vais attendre moins longtemps avant de l'écouter ce topo...

1h15 Mike est au travail et sur facebook. Un message... Un inconnu me félicite pour mon guts d'avoir témoigné sur un sujet tabou. J'pense que je vais écouter le topo en rentrant chez moi tantôt...

mardi 5 janvier 2010

Bienvenue

Ce blog arrivant tout juste au monde, je vous souhaite la bienvenue.

Ici seront publiés certains de mes textes et notes pour le plaisir de vos yeux ou le trouble de votre âme. Avis aux âmes sensibles, je peux aborder des sujets choquants, verser dans les tabous, on sait jamais avec moi...